Cime Innovation Management ExpertiseDans un contexte de concurrence exacerbée, les entreprises sont sommées pour rester dans la course, de faire passer l’innovation d’un statut de levier de croissance à une condition de survie via « l’innovation intensive » (Le Masson, Weil, Hatchuel, 2006).

Le besoin d’innovation pour l’entreprise ne concerne pas uniquement ses produits et ses services, mais aussi la connaissance et l’écoute des marchés ainsi que la capacité à entretenir avec un écosystème des relations collaboratives qui contribuent à la création de valeur.

Les PMI françaises de sous-traitance sont encore confrontées à des relations « dures » avec les services achats de leurs clients, notamment dans la filière automobile française. Ces entreprises sont encore trop rarement considérées comme des ressources externes susceptibles de devenir des partenaires à part entière de l’innovation, alors même que la politique industrielle (l’Entreprise 4.0) promue par le secteur et soutenue par les pouvoirs publics français en fait un axe majeur. Un changement de paradigme est à opérer pour aller vers la co-innovation, à l’instar de ce que l’on peut observer dans d’autres pays tels que l’Allemagne et le Japon depuis de nombreuses années où cette question est traitée comme un avantage industriel majeur.

La mise en place de stratégies relationnelles ou de co-innovation implique de nouveaux savoirs et compétences qui impactent notamment la fonction Achats. Ces savoirs et compétences sont à la fois individuels et collectifs et sont un objet du management de l’innovation. Ils supposent de revisiter également les outils de management des achats collaboratifs et les compétences managériales associées propices à la co-innovation.

C’est dans ce panorama que s’inscrit une étude, lancée à l’initiative de PEAK, dont l’objectif est d’identifier le référentiel de compétences permettant de mener des projets d’innovation organisationnelle pour « faire prendre le virage » de l’innovation aux fonctions Achats. Elle s’intéresse aux pratiques de différents secteurs industriels au-delà de la filière automobile.

Dans un contexte qui met en avant la performance collaborative et l’intelligence collective, il n’est pas possible pour réaliser ce référentiel, de se limiter à une approche qui consisterait à revisiter les « savoirs, savoir-faire, savoir-être » dans une approche individuelle de la compétence.

La performance collective, entendue comme la compétence collective, apparaitrait comme un impératif d’une gestion des hommes plus orientée vers la construction d’un « capital social », facteur de performance. Cet intérêt est partagé par le management contemporain, conscient que les activités de l’entreprise supposent davantage une dimension collective. Ainsi le résultat attendu d’une gestion des compétences collectives se rapporterait à « l’amélioration de la performance via une efficience et une efficacité accrue, une qualité supérieure du travail accompli, une capacité plus grande à résoudre les problèmes rencontrés qui ne peuvent plus être traités individuellement…» (Retour, D (2005), Le DRH face au dossier compétences, Management et Avenir). Cette exigence est générée par le mode de fonctionnement actuel des entreprises qui repose dorénavant (structures matricielles, structures en réseau, structures par projets…) sur plus de transversalité, de travail par projets, de partage et de transfert des connaissances.

Une définition de la compétence collective comme « capacité repérée et reconnue d’un collectif à se coordonner pour produire un résultat commun ou co-construire des solutions » sera mobilisée dans l’élaboration du référentiel projeté.

Le référentiel de compétences visé devra permettre :

  • Aux entreprises clientes et fournisseurs, de « lire » les enjeux d’évolution des compétences et des organisations et constituer un vecteur de transformation de la relation client-fournisseur
  • Aux professionnels de la formation, d’imaginer de nouveaux programmes pédagogiques.

Cime est partenaire de cette étude qui sera conduite au cours du deuxième trimestre 2018.