[CHRONIQUE PEAK] INNOVATION COLLABORATIVE OUVERTE #1 : UNE PRIORITÉ POUR LES ENTREPRISES ?

1 juillet 2022

 

Cette série de chroniques propose une réflexion approfondie sur l’Innovation Collaborative Ouverte et sa mise en pratique au sein des organisations. Se basant sur des témoignages d’entreprises issus du Forum Peak 2021, ces chroniques mettent en valeur la parole de professionnels et experts, tirent des constats partagés et enfin proposent aux entreprises des solutions concrètes applicables aux problématiques du monde d’aujourd’hui.

Cette chronique #1 retrace un état des lieux des enjeux de disruptions auxquels font face les entreprises aujourd’hui.

 

 

L’ENVIRONNEMENT DES ENTREPRISES EST PLUS QUE JAMAIS « VUCA » : UN CONSTAT PARTAGÉ

 

Que signifie « VUCA » ?

Dans un monde où les tensions sont de plus en plus intenses, les entreprises sont confrontées à des ruptures et des mutations déterminantes. L’acronyme VUCA caractérise cette situation affectant l’environnement des entreprises insérées dans leur écosystème. 4 facteurs caractérisent ces mutations :

  • « Volatility » : la vitesse de changement est incontrôlable
  • « Uncertainty » : les changements sont imprévisibles
  • « Complexity » : les ruptures sont désormais multifactorielles et systémiques
  • « Ambiguity » : les changements qui surviennent apparaissent incompréhensibles

 

L’accroissement des enjeux de disruptions : un consensus partagé des entreprises

Aurélien Barby, Directeur de l’Économie de l’UIMM LYON, constate que « les changements et mutations concernant les entreprises du secteur de la métallurgie et de la mécanique sont aujourd’hui de plus en plus rapides, impactants et complexes. Ils sont déclenchés à la fois par des évolutions conjoncturelles (crises, tensions sur les matières premières ou la main d’œuvre…) mais aussi structurelles  (politiques publiques,  prises de conscience individuelles ou collectives : enjeux de souveraineté, made in France…). Tous ces facteurs sont, pour ces entreprises, à l’origine d’un mouvement de transformation important dans l’industrie».

Pour illustrer son propos, Aurélien Barby prend l’exemple de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), un sujet qui prend de plus en plus d’importance et qui est à l’origine de nombreux changements dans les organisations. Au-delà de son aspect institutionnel, son émergence est en partie due à des prises de conscience individuelles d’une nouvelle réalité sociétale et environnementale. Si l’on s’intéresse au monde du transport, on remarque inévitablement l’effet des problématiques environnementales sur la production de ce secteur : « Le moteur thermique a un arrêt programmé à horizon 2030. Cet arrêt a une incidence très forte sur le besoin de changer de technologie, et changer à moyen terme d’acheter » annonce Dominique Hanquier, Directeur Achats Groupe BONTAZ, un équipementier automobile leader mondial dans les fonctions hydrauliques.

Face aux nombreux défis impactant ce marché, Dominique Hanquier constate que « Les groupes comme Bontaz doivent évoluer, sinon ils vont disparaitre. En effet, outre les changements de fabrication, les prises de conscience des consommateurs envers leurs responsabilités sur les enjeux environnementaux modifient largement la relation de l’utilisateur final à la voiture. Cela crée donc une forte incidence sur le besoin de changer de technologie, d’innover et d’adapter à moyen terme la façon d’acheter ».

Prolongeant ce constat à celui du secteur de l’énergie et des enjeux du développement durable, Eric Dos Santos, Procurement Director Innovation & Partnership de SCHNEIDER ELECTRIC, explique que « l’innovation doit s’effectuer sous l’égide d’une transformation, le développement durable ne peut plus être quelque chose que l’on regarde de loin ».

Ces différents enjeux peuvent alors être des moyens d’enclencher des processus de transformation au sein des entreprises. Nos organisations doivent faire preuve de résilience, afin de saisir les enjeux et les complexités comme de réelles opportunités de se transformer, d’oser faire autrement, d’innover…

Dans ce contexte, plus l’entreprise intégrée se trouve confrontée à des ruptures provenant de son environnement, plus les enjeux de transformation impliquant son écosystème sont déterminants.

 

FACE À CE CONSTAT, ON NE PEUT PLUS TRAVAILLER COMME AVANT

Notre monde est en constante mutation, il apparait clair que nous ne pouvons plus travailler comme avant. Ne rien changer reviendrait à subir l’environnement VUCA, et par conséquent s’effondrer sans capacités à se relever. L’Innovation Collaborative Ouverte est un moyen d’aller vers de nouvelles pratiques pour enclencher une transformation positive. Les dispositifs qui en découlent permettent de mobiliser des capacités expertes issus des ressources humaines internes et externes, afin d’affronter des complexités nouvelles, multiples et hétérogènes.

L’Innovation Collaborative Ouverte offre des opportunités pour enclencher la transformation de nos organisations, et plus largement de nos écosystèmes :

 

Innover

Innover est l’acte majeur pour rebondir face aux complexités et reconstruire un environnement performant et durable. Innover nécessite d’oser faire autrement et d’accepter certains risques.
Par exemple, au sein du secteur automobile, le grand groupe Schneider Electric, place l’Innovation sous l’axe du développement durable afin de répondre aux enjeux environnementaux qui concerne ce secteur sous tensions. Afin de renouveler son activité et de répondre aux nouveaux besoins, Eric Dos Santos confirme que « le vrai challenge est de développer la fonction Innovation au sein des organisations ».

Le monde des Achats publics n’échappe pas à la règle et subit lui aussi la réalité d’un environnement VUCA : « L’acheteur au sein d’une sphère publique, ce n’est pas uniquement acheter pour l’angle transactionnel de la chose, c’est-à-dire acheter pour fonctionner, c’est aussi un relai des politiques publiques. » commente ainsi Stéphane Conty, Responsable Pôle PME Sourcing Innovation, DIRECTION DES ACHATS DE L’ETAT, et poursuit en précisant :
« La Commande publique (100 milliards d’euros en France) est en effet un levier important pour servir la fonction publique et le bon fonctionnement des administrations. L’Innovation au sein du secteur public est donc fondamentale pour adapter le fonctionnement des politiques publiques aux nouveaux besoins, ainsi que pour être exemplaire en termes de voies législatives face à l’ensemble de la Société et son évolution souhaitée ».

 

S’ouvrir

La transformation passe aussi par l’ouverture aux autres. On parle d’entreprise étendue pour qualifier un ensemble d’entreprises et d’acteurs économiques associés pour la réalisation de projets communs. À travers ce mode de fonctionnement, les frontières entre clients et fournisseurs deviennent ouvertes, créant ainsi des partenariats pour travailler ensemble.
Ce principe permet de mieux connaitre les besoins et donc de proposer des solutions innovantes adaptées. La mise en place de démarches d’open innovation représentent de vrais challenges pour des filières automobiles comme Bontaz. Dominique Hanquier, Directeur Achats du groupe, énonce : « Le véritable enjeu pour l’organisation est de passer d’une part achat entre 10 et 15%, à une part achat entre 60 et 70% ». Il commente ainsi cet enjeu : « Les vainqueurs de cette transformation seront ceux capables d’acheter des concepts à l’extérieur, et qui pourront bénéficier d’un apport de l’innovation d’un secteur nouveau pour le groupe ».

Face à ces vagues de complexités, il apparait alors nécessaire de prendre de la hauteur afin de mieux anticiper les changements. Le Directeur de l’Économie de l’UIMM LYON, Aurélien Barby, énonce « qu’être ouvert, c’est aussi de ne pas rester isolé et s’inspirer des autres pour avoir une vision élargie ». Dans ses propos, il insiste sur l’importance des structures qui aident à cela tels que les pôles de compétitivité, les clusters et les organisations professionnelles, sous réserve de s’y impliquer.

 

Collaborer

Enfin, la clé majeure à cette transformation est la collaboration. Si chacun innove de son côté en gardant des frontières cloisonnées, on ne pourra pas être assez forts face aux mutations. Pour créer une valeur diffuse et durable, nous devons innover collectivement.

Selon Aurélien Barby, « Les virages se prennent très vite maintenant, c’est ce qui a changé et marqué le cours de l’Histoire. Cela doit nous encourager à innover collectivement car ça sera plus facile de le faire à plusieurs ».
Ainsi, « se transformer passe par une revalorisation du collectif et de sa force. Dans cet environnement VUCA, nous faisons tous face aux mêmes complexités, pour trouver des solutions à ces nouveaux besoins, nous avons donc intérêt d’innover de façon ouverte et collaborative ».

Ce constat « VUCA » et ce consensus partagé autour de ces enjeux de disruption, témoigne que l’Innovation Collaborative Ouverte est une priorité pour les entreprises, qui leur permettra d’affronter les complexités émergentes et de se transformer pour aller vers une performance plus durable et plus soutenable.

Désormais la question est : comment mettons-nous concrètement en place l’Innovation Collaborative Ouverte au sein de nos organisations ? Nécessite-t-elle des compétences distinctes ? Quelles sont ces nouvelles compétences dont nous avons besoin pour faire face à cet environnement VUCA ?

 

La chronique #2 Innovation Collaborative Ouverte : Quelles nouvelles compétences distinctives, proposera une réflexion et une ouverture à ces questions fondamentales.
Elle sera publiée prochainement sur le blog Peak !

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