Depuis les années 80, la fonction Achat s’est d’abord construite en support des activités de production. Comment la faire passer à une logique de contribution à l’innovation disruptive ?

Depuis les années 80, la fonction Achat s’est d’abord construite en support des activités de production. Ceci est aujourd’hui un acquis et l’objectif n’est désormais plus d’optimiser les systèmes existants mais de créer des systèmes qui n’existent pas encore. La question stratégique est désormais la suivante pour les entreprises : comment passer à une logique de disruption intensive ? « L’expérience montre que cette disruption ne vient pas de l’intérieur. La seule solution est de « décentrer » l’entreprise », suggère Philippe Portier, Prof. EMLyon Business School. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les Directions de l’Innovation qui sont actives sur ce sujet. Et elles ont parfois pris une grande autonomie dans leurs interactions avec l’extérieur. Pour autant le gisement externe de connaissances issu des fournisseurs reste encore largement inexploité. Concernant les Achats, leurs organisations, leurs méthodes, leurs dispositifs sont encore orientés pour résoudre des problèmes … de production. Il s’agit donc désormais d’imaginer l’idée d’une fonction Achats qui sache gérer une autre catégorie de problèmes telles que la gestion d’écosystèmes innovants, des relations collaboratives avec les fournisseurs, de nouvelles offres de rupture intégrant des fournisseurs extérieurs. La fonction Achats est ainsi aujourd’hui confrontée à une question existentielle : soit elle se construit une stratégie, une vision, des outils, des compétences pour devenir un acteur à valeur ajoutée de cette transformation radicale en cours, soit elle se condamne à rester une fonction support.

 

Pour mener une telle transformation, la Fonction Achats doit relever les 5 défis suivants (source : étude EMLyon 2017) :

  • La captation de l’innovation (comment s’intégrer dans des écosystèmes innovants pour stimuler la génération d’idées nouvelles ?) ;
  • L’absorption de l’innovation (comment lutter contre le syndrome particulièrement rependu du non invented here ?) ;
  • L’hétérogénéité des acteurs (comment réintroduire des compétences nouvelles au sein d’une fonction achats habituée à gérer du risque et des processus standardisés ? Comment admettre de nouveaux fournisseurs « hors cadre » ?) ;
  • Les marchés (comment les Achats peuvent-ils contribuer à l’élaboration de nouveaux Business Models) ;
  • Les contrats (quels sont les nouveaux cadres juridiques qui permettront l’engagement des fournisseurs innovants ?).

 

Pour répondre à ces enjeux, le Cluster Peak by Thesame initie une nouvelle collaboration 2018-2020 avec l’EMLyon Business School. Dans un contexte d’innovation de rupture, ce projet va produire les nouveaux mindsets de la Fonction Achats pour démultiplier des opportunités d’innovation issues de l’extérieur de l’entreprise dans une urgence d’Open Innovation.

Basée sur une méthodologie de recherche-action, cette étude est sponsorisée par des entreprises de taille et de secteurs variés (ARaymond, Mérieux NutriSciences, NTN SNR, Somfy, et un leader mondial fabricant de véhicules industriels).

Le Cluster Peak by Thesame reçoit le soutien du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA) et son opérateur financier le groupe Caisse des Dépôts, dans le cadre du projet ACE « Attractivité, Compétences et Emplois dans la Filière automobile & Mobilités » de la PFA Filière Automobile et Mobilités. Peak reçoit par ailleurs l’appui d’entreprises, du F2I/UIMM, de l’UIMM Auvergne-Rhône-Alpes, du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Europe dans le cadre de fonds européens FEDER.

 

Contact : Jean BRETON – Directeur, PEAK – jb@thesame-innovation.com